L’après-midi, un grand débat sur l’avenir du français et les moyens de sa promotion pour les jeunes en Pologne a été lancé avec la participation de plusieurs personnalités : Monsieur Pierre Ménat, Ambassadeur de France en Pologne, Monsieur Jacques Godfrain, député de l’Aveyron à l’Assemblée nationale en France, Monsieur Claude Springer, professeur à l’Université Marc Bloch Strasbourg, Mme Janina Zielińska, vice-Présidente de la Fédération Internationale des Professeurs de Français.
Plus de 90 personnes, engagées dans la promotion du français en Pologne, ont participé à la session de l’après-midi, dont bien sûr les membres de notre Association. Cinq ateliers étaient proposés :
1. La Francophonie et la mondialisation
2. L’enseignement du français en Pologne
3. Le français - langue des élites ?
4. Le français - langue de l’Europe ?
5. Le rôle des associations dans la promotion de la langue française.
Atelier "Le français - langue de l’Europe ?" animé par prof. Claude Springer UMB Strasbourg et prof. Jolanta Zajac, UW Varsovie
Les rapporteurs ont présenté les axes principaux de la réflexion en groupes sous formes de postulats. Lors du discours de clôture Mme Jolanta Zając (Vice-Directrice de la Philologie Romane Université de Varsovie) a lu une lettre ouverte. Cette lettre a été ensuite complétée avec soin par toutes les conclusions apportées par les rapporteurs des ateliers. Elle a été signée et adressée aux autorités polonaises respectives.
Il est intéressant de noter que dans le domaine éducatif Mme Grażyna Migdalska (Auteur du manuel polonais pour le français « Déjà vu ») a demandé des modifications dans le règlement du nouveau bac qui permettrait aux bacheliers de choisir le niveau de l’examen de langue en tant que matière choisie (niveau de base ou niveau élargi), comme c’est le cas pour l’examen de langue tout simplement.
Monsieur l’Ambassadeur de France en Pologne a apporté un aspect très positif à cette conférence en soulignant que la France a réservé un budget significatif pour augmenter le nombre d’étudiants polonais qui souhaiteraient étudier en France. Il a aussi conseillé à tous les enseignants d’admettre et d’accepter le fait que les élèves n’atteignent pas un hypothétique niveau de langue d’excellence, mais un niveau qui permet la communication quand ils viendront en France. Il explique que le marché du travail s’ouvre en France. Depuis deux semaines, 7 sept secteurs (entre autres l’industrie, l’hôtellerie, la restauration), 61 métiers, 100 000 emplois sont ouverts aux travailleurs polonais ! Il est important de remarquer que dans le cas d’embauche, les conditions de salaire et les avantages sociaux sont les mêmes que pour les Français. Les Polonais pourront donc bénéficier du service médical, de la garde des enfants, etc., aux mêmes conditions que les Français.
Ambassadeur de France en Pologne Pierre Ménat
Ce que Monsieur l’Ambassadeur souhaiterait, par contre, c’est une meilleure COHÉRENCE entre les établissements qui donnent des cours de langues : Instituts Français, Alliance Française et Associations. Il ne s’agit pas de concurrence, mais de collaboration, et dans chaque ville il faut qu’une institution devienne institution pilote. A Poznań par exemple, c’est la Maison de Bretagne qui, de toute évidence, joue ce rôle. A propos du développement de la langue française, Monsieur l’Ambassadeur souligne à plusieurs reprises qu’il nous faut actuellement une intercompréhension et, en aucun cas, une guerre de concurrence contre la langue anglaise. Monsieur Claude Springer, professeur de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, a de son côté insisté sur la nécessité de s’inscrire dans l’esprit du plurilinguisme où chaque langue a sa place.
Cocktail de soirée. Mme Janina Zielinska, M Jean-François Maynier et M Marek Zajac
Voici plus de photos de cette conférence.